"Haïr la défaite et aimer la victoire"

La rédaction

Bernard Giudicelli, le président de la FFT, s'inquiète du niveau de performances des jeunes Français, dont les performances ont été très médiocres dans les tournois juniors. Le nouveau patron du tennis tricolore souligne un problème de mentalité.

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Deux quarts de finale pour les dames, un événement, une première depuis 1994. Aucun représentant en quarts de finale chez les messieurs, un accident, qui n'était plus arrivé depuis 2010. D'un point de vue global, le bilan français est assez contrasté sur ce Roland-Garros. Mais ce qui inquiète le plus le nouveau président de la FFT, Bernard Giudicelli, c'est le manque de résultats chez les jeunes. Chez les juniors, un an après le titre de Geoffrey Blancaneaux, le meilleur tricolore a été Clément Tabur, balayé en quarts de finale. Chez les filles, le plus problématique est qu'aucune joueuse n'aura sa place à Wimbledon, et aucune joueuse n'aurait pu disputer ce Roland-Garros sans les invitations. 

"Je ne crois pas que nous soyons aujourd'hui les meilleurs, admet Giudicelli, avec un doux euphémisme. Je ne crois pas qu'on ait aujourd'hui le meilleur système de formation ou alors on se fait plaisir. Pour moi, le meilleur système de formation est celui qui gagne. Il y a effectivement lieu de se remettre en cause sur cette approche qu'on a eue pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies, qui était une approche quelque peu industrielle de la formation de nos jeunes. Il faut sans doute revenir vers les racines, les bases qu’est la formation des clubs."

Pour le successeur de Jean Gachassin, le tennis français, qui attend depuis 1983 (une éternité) un successeur à Yannick Noah, souffre d'un manque au niveau mental. "Notre volonté est de reformer les jeunes dans les régions et d’utiliser nos entraîneurs nationaux comme des personnes qui vont les aider à s'épanouir au niveau international à 12, 14, 16 et après 18 ans ; leur apprendre à voyager, rivaliser et à vivre à l'international, ce qui n'est pas forcément une de nos meilleures compétences, explique Giudicelli. On veut créer aujourd'hui un nouveau modèle de compétition où, par exemple, la défaite ne soit pas banalisée. Aujourd'hui, c'est ce qui nous choque le plus ! On perd, on perd, et on s'habitue à ça. Pour moi, banaliser la défaite est dangereux pour une organisation sportive. La défaite, il faut l'a haïr, la rejeter, il faut aimer la victoire, et cela se construit dès 8 ans, 9 ans et 10 ans. (...) Faire un quart de finale ou une demi-finale, ce n'est pas gagner. Gagner, c'est soulever le trophée. Cette culture que l'on suit, depuis l'époque des mousquetaires, on court derrière cette capacité qu'ont eue nos glorieux aînés à enchaîner les titres."

Manu Planque est pour moi le meilleur entraîneur aujourd’hui

Chez les "grands", ce sont surtout Maxime Hamou et Laurent Lokoli qui se sont fait remarquer, pour de bien tristes raisons. "Le premier a transgressé une règle, qui est la bienséance. Le deuxième a transgressé un usage, c'est regrettable", résume Giudicelli, qui "ne regrette pas" son choix au niveau des wild-cards, mais qui ajoute un bémol: selon lui, les "jeunes" n'étaient pas prêts à rivaliser physiquement avec leurs adversaires. "On m'a critiqué parce que j'ai envoyé un message aux gamins qui avaient la wild-card en leur demandant de s'entraîner en cinq sets. Mais cela ne vient pas de moi. C’est Pierre Barthès qui me le demande, il me dit : « Bernard, aujourd’hui, nos jeunes ne savent pas jouer en cinq sets. » Et il a raison ! La réalité, c’est que Lokoli perd en cinq sets, Muller perd en cinq sets, Quentin Halys également."

Pour cela, Giudicelli compte mettre en place une compétition pour l'attribution des invitations. Son souhait était de l'organiser cette saison, mais il avait reculé, devant la réticence des entraîneurs nationaux. L'an prochain, cela devrait changer. "On valorisera sans doute des parcours qui permettront à ceux qui seront en position de se qualifier de mieux se préparer pour les cinq sets sur terre battue."

Depuis son élection, Giudicelli n'a pas peur de se répandre en déclarations fortes. Il prend rarement de pincettes, comme lorsqu'il avait dressé il y a quelques jours le bilan des Français à Roland-Garros. En une phrase (*), il s'était attaqué à Lucas Pouille, et à son entraîneur, soit le joueur qui incarne la relève du tennis tricolore, à qui l'on ne peut reprocher son manque d'investissement. Emmanuel Planque, l'entraîneur du Nordiste, n'avait pas apprécié. "Si c'est le cas, c'est regrettable, déplore Giudicelli. En tous les cas, je m'attacherai à ce qu'il n'y ait pas de distance (entre Planque et la FFT, ndlr). Ce championnat du monde sur terre battue est très exigeant physiquement. Il faut donner à nos entraîneurs les moyens de bien préparer physiquement tous les jeunes. Je regrette encore une fois la manière dont les choses se sont passées. Manu Planque est pour moi le meilleur entraîneur aujourd’hui." Il serait dommage de se mettre à dos un coach qui a des résultats...

(*) "Quand un coach dit qu'un joueur peut passer huit heures sur les courts sous 45° et qu'il a des crampes au quatrième, c'est qu'il y a un problème."

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